Le rêveur de Guillaume de Lorris a la vision, dans un songe prophétique, de son destin amoureux. jeune homme faict folieOn ne s'en doit esmerveillerJe te viens dire et conseillerQue l'Amour mettes en oublyDont je te voy si affoiblySi affligé et tourmenté.Je ne vois mye ta santéNe La conquête s’achèvera sur une scèned’amour métaphorique, sur laquelle nous reviendrons plus tard. maniereSi doulx, si franc et si gentilQue celluy qui est bien subtilA le servir et honnorerDedans luy ne peult demeurerVillennye ne mesprisonNe faulceté ne trahyson. Le Roman de la Rose est un récit codé de l'initiation amoureuse. que je ne soyeTout plain de soulas et de joyeMais non pourtant j'ay maintz ennuitzSouffers, et maintes malles nuitzDepuis qu'euz la rose baiséeLa mer n'est point si appaiséeQu'el ne se trouble a Par son succès et sa célébrité, ayant jadis influé sur l'art d'écrire et sur les mœurs, il fut longtemps l'objet d'une admiration outrée et d'une critique sévère, et toutefois mérita une juste G. de Lorris laissait donc son poème inachevé. fol bien tenir je me puis.Or iray plus ne laisserayJa a mon aise ne serayDevant qu'aucune enseigne n'aye.Adonc te mettras en la voyeEt iras soubz ung tel couventQu'à ton vouloir fauldras souventEt , les pièces mêmes des divers genres étaient faites pour plaire à des ignorants, peuple ou seigneurs. Guillaume de Lorris vivait au temps de saint Louis, vers le milieu du XIIIe siècle ; il était d'un esprit délicat, quelque peu clerc et disciple des troubadours provençaux. — G. Paris : la Littérature française au Moyen Âge. Nous n'en avons pas moins de deux cents manuscrits. Le roman de la Rose de Guillaume de Lorris et Jean de Meun, trad. ce il n'est pas vieulxMais est jeune, dont il vault mieulxIl n'est dame ne chastelaineQue je ne tienne pour villaineS'elle faisoit de luy DangierEn luy octroyant ce loyerDonc le baiser luy octroyezMieulx a elleJ'en ay trouvé la saveur telleQue trop grande est sa couvoitiseQui esprent mon cueur et attiseMoult me viendront pleurs et souspirsLongues pensées cours dormirsFrissons et plaintes et complaintesTelles douleurs auray je maintesOr suis je cheu en telle peinePar Malle Bouche la haultaineSa langue desloyalle et faulseM'a pourchassée ceste faulse. diffameEt croy que s'elle congnoissoitLe plus homme de bien qui soitNe de ca mer, ne de la merSi le vouldroit elle blasmerEt s'il estoit si bien aprisQu'elle ne peust son loz et prisDu tout abatre et despriserSi vouldroit elle amenuyserPour le moins son bruyt et honneurPar son parler faulx blasonneur.A la paincture prins esgardQu'Envye avoit mauvais regardCar jamais n'alloit riens voyantFors de travers en bourgnoyant.Elle avoit ce mauvais usageQu'elle ne povoit au visagePersonne regarder a plainMais clouoit ung oeil par desdainEt toute de despit ardoitQuant aucuns qu'elle regardoitEstoient moult beaulx ou preux ou gentzOu prisez et aymez des gens. pour sermonnerDe ce ne me pourroit tourner.Je demeure seul d'ire plainsSouvent pleure et souvent me plainsCar de moy n'euz point chevissanceTant qu'il me vint en remembranceQu'Amours me dist lors que je quisseUng compaignon a qui je deisseMon conseil tout entierementPour moy oster de grant tourmentAdonc pourpensay que j'avoyeOng compaignon que je scavoye.Bon et loyal, Amys eut nomOncques n'euz si bon compaignon. vous servir s'engoissoit,Vous le vouliez cy allierMauvais se fait en vous fier,Car en présent est esprouvéeLa trahyson qu'avez trouvée.L'Amant a part soyJe n'osay la plus remanoirPour ses amysPuis qu'elle m'avoit defferméLe guichet du verger ramé.Or maintenant vous en dirayPlus avant, et vous descripvrayPremier dequoy Déduit servoitEt quelle compaignie avoit.Sans À plus forte raison, s'il s'agit, comme au Moyen-Âge, de toute une armée d'allégories exprimant les diverses nuances de l'amour, de la religion, etc.D'où peut venir le goût singulier de ce système, aux treizième, quatorzième et quinzième siècles ? confus et emprisDont tu cuidras avoir mesprisQue tu n'as la belle appelléeDevant qu'elle s'en fust allée.Tourner te doit à grant contraire,Car si tu n'en eusses peu traireFors seullement ung contenanceElle fust chaussée et vestueTout ainsi que femme rendueEn sa main ung psaultier tenoitEt saichez que moult se penoitDe faire a Dieu prieres sainctesEt d'appeler et sainctz et fainctesGaye Pourtraicte fut tout au dernierPovreté qui ung seul denierN'eust pas si elle se deust pendreTant sceust elle sa robe vendreNue estoit quasi comme ung verEt s'il eust fait ung peu d'iverJe croy qu'el fust L'imprimerie, dès qu'elle a été inventée, en a donné de nombreuses éditions. De tous les textes en langue vernaculaire, le Roman de la Rose est celui dont l’histoire éditoriale est la plus complexe en raison du grand nombre de manuscrits qui l’ont transmis. devez estre et plain d'orgueilEt de mocquerie et d'oultraige,Car ung vilain courtois est raige.J'ay ouy ce n'est d'huy ne d'hierDire qu'on ne peult espervierEn nul temps faire d'ung buysartTous ceulx vous tiennent amender,Point ne veulx qu'il soit desertéDu rosier qui l'a apportéPour aucun pris tant le tiens cher.L'ActeurAdonc saillit villain DangierDe la ou il estoit mussé,Grand estoit noir et veult sainctementFaire tout son commandement.Or sont pour roses garder quatreQui se laisseroient devant batreQue rose ou bouton on emporteArrivé fusse a bonne porteSi par eulx ne fusse guetté,Car le franc et bien apointéBel Acueil se penoit de faireCe qu'il scavoit qui me deust plaire.Souvent me semont d'approcherVers le bouton et atoucherAu rosier qui estoit chargié.De ce me donna Le Roman de la Rose connaît un énorme succès, rapide et durable, devenant l’œuvre la plus célèbre du Moyen Âge, avec quelque 250 copies manuscrites connues. qui la dancoyent ensembleSi vous diray d'eulx qu'il me sembleDéduit fut beau et grant et droitPlaisant en ditz en faitz adroitPlus que jamais on ne vit hommeLa face avoit comme une pommeVermeille et blanche This banner text can have markup.. web; books; video; audio; software; images; Toggle navigation N° de réf. avoirChier ne doit avoir son avoirAins par beaulx dons amys doit querreCar c'est la vertu de son erre,Comme la pierre d'aymentAttraict le fer subtilementAinsi attraict le cueur des gensQui a donner est diligens.Largesse eut robe bonne et belleD'une couleur toute nouvelleEt visaige tres bien forméNul membre n'avoit difformé.Largesse la vaillant et saigeTint ung chevalier du lignaigeAu bon roy Artus de An allegorical poem composed in the French—meaning Romance—of the 13th century, it was celebrated already in the 16th century as a national classic. bouton bien entalentéPlus grande fut ma voulentéEt quant le mal plus m'angoissoitTant plus ma voulenté croissoitD'aller tousjours a la rosetteQui trop mieulx valoit que violetteJe m'en vouluz Le Roman de la Rose offre un exemple frappant de l’usage que l'on fit de l'allégorie au XIIIe siècle.Les histoires racontées dans les chansons de geste, les romans bretons, les fabliaux ou le Roman de Renart, les pièces mêmes des divers genres étaient faites pour plaire à des ignorants, peuple ou seigneurs. Courtoysie me priaEn me disant que je dansassePlustost l'eusse fait si j'osasseMais j'estoys de honte surprisAdoncq a regarder me prisLes corps les facons et maintiensLes cheres et les entretiensDe ceulx Guillaume de Lorris raconte qu'en sa vingtième année, il eut un songe qui le mit en grand émoi et lui laissa de profonds souvenirs. la facon et la tailleJa plus ne vous en est comptéCar c'est celle qui la bontéMe fist en ouvrant le vergierCombien que je fusse estrangier.Apres fut comme bien séantJeunesse au visaige riantQui n'avoit pas encor assezComme je croy douze ans passezNicette estoit et ne pensoitA nul mal engin quel qu'il soitAins estoit moult joyeuse et gaieCar nulle chose ne s'esmayeFors de jeu comme vous scavezSon amy fut de loy privezEn maniere qu'il la baisoitEt tout service luy faisoitDevant tous ceulx de la carolleEt memes qui eust tins parolleIl n'eust ja esté d'eux honteuxVous les aperceussies tous deuxBaiser comme deux columbeauxLes personnaiges estoient beauxCelluy estoit d'une mesme eageComme s'amye et de couraigeTout ainsi carolloyent illecquesTous ces gens et d'aultres avecquesLesquelz estoient de leur dormez vous a ceste heureDangier par tres malle adventureFol est cil qui en vous s'assurePour garder rose ne boutonNemplus que queue de mouton.Vous estes lasche comme moucheQui deussiez estre fort faroucheEt toutes les gens débouter.Folie vous a fait bouterEn ce vergier par grand meffaitBel Acueil dont blasmer nous fait.Quant vous dormez nous en avonsLa noyse, et mes nous n'en povons.Vous estes vous ores C. L'allégorieLe poète seul ou l'amant reste dans le poème un personnage réel. L'AmantMoult me conforta doulcementAmys qui mon avancementVouloit aussi bien comme moy.De luy prins congié sans esmoyA la haye que Dangier gardePuis retournay, car moult me tardeQue le bouton encor La langue en est souple, claire, élégante, souvent vigoureuse et éloquente.B. une tourPour Acueil mettre en la prisonCar j'ay trop grant paour de RaisonJe croy si bien garder son corpsQu'il n'aura povoir d'issir horsAussi compaignie tenirAux garsons qui pour le honnirDe parolles le bien asseure.C'est ainsi comme de fortuneQui met au cueur des gens rancuneAultre fois les flate et les hueEn trop petit de temps se mue.Une heure rit et l'aultre est morneAyant une roe qui tourneCelluy qu'elle que j'ay soufferte,Mais forte chose est a venir.Je me peulx bien pour fol tenirD'avoir en tel lieu mon cueur misDont a nul point ne suis submis.Ce dis comme fol ennuyeulxCar ung regard d'elle vault mieulxQue Il est aisé de railler le jeu des allégories dans l’œuvre de Guillaume de Lorris. escripteAu bout d'amont lettre petiteQui demonstroit que la dessusMourut le tresbeau Narcisus.Narcisus fut ung damoyseauQu'amours tindrent en leur rouseauLequel amours tant fit destraindreTant plorer, tant Ignorée aujourd'hui, elle a eu le plus grand des succès. a las aussi houseauxAyez souvent frais et nouveauxLesquelz soient beaulx et faitisNe trop larges ne trop petisDe gans et de bourse de soyeEt de sainture te cointoyeEt si tu n'as si grand richesseQue faire la pensée délectableLa ou n'est que mensonge et fableMais peu y pourras demeurer.Lors commenceras a pleurerEt diras, mais ay je songéSuis je remué ou bougéD'ou peult venir ceste part et embleSi secrettement qu'il nous sembleQue maintenant soit en ung poinctEt il ne s'i arreste pointAins ne fine d'oultre passerSi tost que ne scauriez penserQuel temps il est présentementCar point ne prendrasTant seras de désir garny.Et quant tu ne pourras l'ennuySouffrir en ton lict de veillerLors te fauldra appareillerVestir chausser et atournerAins que tu voyes adjourner,Tu t'en iras Assez y frappay et boutayEt par maintes foys escoutaySi j'orroys gens parler ensembleLe guichet qui estoit de trembleMouvoit, adonc une pucelleQui estoit assez gente et belleCheveulx eut bloncz comme ung bassinLa chair plus tendre qu'ung poussinFront reluysant, sourcilz voultizLarge entroeil, et les piedz petisTétin poingnant blanc de natureEt le nez bien fait a droicteureComme ung faulcon les yeulx eut versJectans 1. L'AmantAinsi m'octroya ma requesteEt je l'alay compter en festeA Amys qui s'en jouytComme courant quant il me ouyt.Amys a l'AmantOr va bien dit il vostre affaire,Encor vous sera débonnaireDangier me vint au secoursC'est la mere au grant dieu d'AmoursQui a secouru maint amant.El tenoit ung brandon flammantEn sa main destre dont la flammeA eschauffée mainte dame.Elle fut cointe et bien coifféeDéesse sembloit ou féePar le grant atour qu'elle avoit.Bien peult congnoistre qui la veoitQue point n'est de religion.Je en feray cy mentionDe son habit tant décoréNe de son beau Comment Raison de Dieu ayméeEst or de sa tour dévaléeQui l'Amant chastie et reprentDe ce que folle amour emprentEn ce point grant piece arrestéTant que me vis comme matéLa dame diligentement.Dangier est changé aultrementCar il m'est beaucoup plus diversQu'il ne souloit et plus perversEt plus fier qu'il ne souloit estreIl est trop périlleux estreCar je n'auray jamais loysirDe veoir ce que j'ay en désirMoult ay le cueur du ventre yréD'avoir Bel Acueil conjuréEt bien saiches que chascun membreMe frémist quant je me remembreDe la rose que je souloyeVeoir ne font sinonGens folz et de mauvais renomQui Amour par malle adventureOnt trouvé encontre natureIl te doit apres souvenirDe Joyeuseté maintenirA Joye et a Déduit t'atourneAmour n'a Le Roman de la Rose : représentations allégoriques et transformations iconographiques du manuscrit à l’imprimé. jusques a tantQue une dame d'honneur saysieM'entrevit, ce fut CourtoysieLa gracieuse et débonnaireQue Dieu gard de chose contraireCourtoysement lors m'appellaBel amy, que faictes vous laDit elle, Effectivement, « parfois Jean de Meun suspend la progression narrative pour livrer des connaissances, on sent alors la richesse de sa culture « , comme en témoignent les quelque 18000 vers qu’il aura ajoutés aux 4000 de Jean de Lorris. Guillaume se lamente, et c'est là que se termine ou que s'arrête la première partie du poème.Guillaume de Lorris n'acheva pas l'histoire de son rêve ; quand il s'arrête, la fleur est toujours sur le rosier virginal et Bel-Accueil est prisonnier dans une tour où l'on enferme Peur, Male-Bouche et Jalousie.Il est aisé de railler le jeu des allégories dans l’œuvre de Guillaume de Lorris. comme une espouséeEt blanche comme fleur de lys.Le vis eut bel doulx et alisEt estoit gresle et alignéeFardée n'estoit ne pignée,Car elle n'avoit pas mestierDe soy farder et nettier.Cheveulx avoit bloncz et si longsQu'ilz luy battoient jusques aux talons,Beaulx yeulx avoit, nez et la boucheMoult grant douleur au cueur me toucheQuant de sa beaulté me remembrePour la facon de chascun membre.Si belle femme n'est au mondeJeune soit et de grand facondeSaige, plaisante, gaye, et cointeGresle, gente, frisque et acointe.Pres de Beaulté estoit RichesseUne dame de grand haultesseDe grand pris et Au meillieu Haine se remyreQui par Faulx Rapportz et par YreSembloit bien estre mouveresseDe noyses aussi tanceresseEt bien ressembloit ceste ymaigeFemme de tresmauvais couraigeD'habitz n'estoit pas bien aornéeNe d'acoustremens ordonnéeLe visaige avoit tout froncéLe nez large, et l'oeil enfoncéFlestrye estoit et enroilléeEt par la teste entortilléeHydeusement d'une touailleDe tres orde et villaine taille, Une autre ymage mal rassiseEt fiere a veoir, y eut assisePres de Haine à senestre d'elleSur la teste son nom rebelleVy escript c'estoit FélonnieEt d'icelles pas je ne nyeQue bien ne fust a sa droicturePourtraicte selon sa natureCar félonnement estoit faicteEt sembloit collere et deffaicte. Le Roman de la rose, écrit par Guillaume de Lorris et Jean de Meun, est sans aucun doute une des œuvres fondatrices de la littérature médiévale française.Il serait difficile de citer une œuvre qui fut aussi populaire et aussi discutée que le Roman de la rose avec ses 300 manuscrits existants de nos jours. Jean de Meung écrivit 17 724 lignes supplémentaires en 1275 environ. Nous préférerions, évidemment, des analyses psychologiques directes, à la façon de celles que Chrétien de Troyes a si finement développées dans le Chevalier au Lion. furent ententisLes oysillons qui aprentisNe furent pas, ne non saichans,Et saichez quant j'ouy leurs chantzEt je vy tant beau et pourprisA esmerveiller je me prisCar encor n'avoys esté oncquesSi gay, Loin d'être un procédé primitif, l'allégorie fut, au Moyen-Âge, un raffinement, et comme une crise de préciosité, crise qui devait se renouveler dans la première moitié du dix-septième siècle. des gens s'en alloientAvec leurs dames umbroyerSoubz les arbres sans forvoyerLa démenoient joyeuse vieDe tout plaisance assouvieQui telle vie avoir pourroitAultre meilleure ne vouldroit.Il n'est nul héricé,Yeulx ayans rouges comme feuxLe vis froncé, le nez hideux,Qui s'escrya tout forcené.Dangier a Bel AcueilBel Acueil a quoy amenéAs tu cy autour ce vassault,Tu fais « Il a décomposé l'âme de la jeune fille ; il en a extrait tous les sentiments, toutes les qualités et manières d'être, générales ou particulières ; il leur a donné une existence propre, indépendante, avec la faculté d'agir individuellement chacune selon son caractère. dict vous auray la maniere.Maintenant me plaist demeurerA la fontaine et remirerLes cristaux qui la démonstroientMille choses qui y estoient.En malle heure m'y suis miréJ'en ay depuis moult souspiréCe mirouer m'a fort déceu,Mais si j'eusse par devant sceuDe sa force et de sa puissanceLa pas n'eusse fait résidenceCar fort esbahy me trouvayQuant cheu es las je me approuvay.Au mirouer entre d'Amours tantost de loingMe print a suyvir l'arc au poingDieu me gard de mortelle playeCar je crains que vers moy n'essayeIl me greveroit mallementNe vouc en doubtez nullementPar le vergier allay delivreEt vendre.Et pource que je suis ton maistreJe veulx bien de toy certain estre,Et si te vueil a moy lierSi que ne me puisses nierDe faire rien doresnavant.Tien moy donc loyal convenant,Péché seroit Comment Amour au beau jardinTraicta l'Amant de cueur finAyma le bouton tellementOu'il en eust grant empeschementLe dieu d'Amours qui l'arc tenduM'avoit tout le jour attenduA me poursuyr et espierSi s'arresta m'avez fort espouventéDe ce que vit l'homme et endureEn telle peine et telle ardureEn dueil en souspirs et en lermesEt en tous poins et en tous termesEt en soucy et en grant dueilCertainement je m'esmerveilComment l'homme s'il n'est de ferPeult vivre ung moys en tel enfer.Sus ce propos et ma demandeAmour respond et sans amende.Amours parle a l'AmantBeaulz amys par l'ame mon pereNul n'a bien s'il ne le compereOn ayme trop mieulx l'achatéQuant on l'a bien chier achatéEt en plus grans gré sont receuzLes biens qu'on a a griefz receuzQue ceulz que l'on a eu pour néantCar trop on les va violant.Homme n'est qui le mal congnoisseQue souffre l'Amant et l'angoisseNul ne pourroit le mal d'aymerEt deust il espuiser la merCompter en rommant ou en livreEt toutesfois il convient vivreLes amans, il en est mestierChascun fuit de mort le sentierCelluy qu'on met en chartre obscureEn la vermine et en l'ordureQui n'a pain d'orge ne d'avaineNe se meurt mye pour la peineEspérance confort luy livreQu'il se cuide trouver